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Année:  2013
Pays:  Corée du Sud
Genre: Romance, Comédie, Drame, Thriller
Nombre d'épisodes:  18
Chaîne de diffusion:  SBS
Scénariste:  Park Hye Ryeon 박혜련 (Dream High)
Réalisateur:  Jo Soo Won 조수원 (Cheongdamdong Alice)

Casting
Lee Bo Young: Jang Hye Sung
Lee Jong Suk: Park Soo Ha
Yoon Sang Hyun: Cha Kwan Woo
Lee Da Hee: Seo Do Yeon

Synopsis

Jang Hye Sung est une jeune avocate audacieuse, impertinente et assez comique. N’ayant pas la langue dans sa poche, ses actions ne plaisent pas à tout le monde. Cha Kwan Woo est un homme sérieux, passionné et macho. Ancien officier de police, il s’est reconverti et est devenu avocat. Quant à Park Soo Ha, c’est un jeune homme de 19 ans, qui a la capacité de lire dans les pensées des personnes. Ensemble, ils essayeront de résoudre les affaires que personne ne veut prendre, des affaires où il n’y a que 1% de chance de réussite.

Mon Avis

9,5/10

I Hear your Voice est un gros coup de cœur, sans doute le plus gros de cette année. J’aime profondément ce drama et j’ai l’impression que cet amour est sans limites. Bien sûr I Hear your Voice n’est pas parfait; il était inévitable – en raison notamment de l’extension – de ne pas se retrouver face à quelques longueurs et le côté juridique n’était parfois pas très bien géré voir même tiré par les cheveux, mais comment faire cas de tout ça lorsque la qualité prend le dessus? Un des grands points forts de I Hear Your Voice est sa capacité à mélanger les genres. Entre comédie, drame, thriller et romance j’ai trouvé l’ensemble parfaitement bien dosé et le drama nous plonge dans son histoire pour ne plus nous lâcher. J‘ai tout de même eu quelques fois peur que l’histoire ne tombe dans des clichés mais I Hear your Voice a réussi à rester fidèle à lui même jusqu’au bout. L’épisode 9 notamment avait cassé la passion que j’avais pour la production car je trouvais qu’il ne correspondait pas à ce qu’elle nous proposait jusqu’à présent mais la scénariste a tiré parti de ce retournement de situation pour au final rendre l’histoire encore plus forte. Park Hye Ryeon, à qui l’on doit entre autres Dream High, n’a pas un univers très reconnaissable d’un drama à l’autre, à l’inverse par exemple de Kim Ji Woo (Shark, The Devil) ou de Lee Kyung Hee (A Love to Kill, Will it Snow for Christmas). Ce que je veux dire, c’est qu’elle arrive à créer des ambiances différentes à chaque fois tout en gardant un style qui lui est bien propre. En effet, ce que l’on peut retrouver dans chacun de ses scénarios est principalement l’humanité de ses personnages, et mon amour pour I Hear Your Voice est en grande partie dû au fait qu’il est un drama humain composé de personnages humains eux aussi.

Les personnages sont pour moi le plus grand potentiel d’I Hear Your Voice et il va sans dire que j’ai eu beaucoup (vraiment beaucoup) de mal à les laisser partir. Ce que j’ai aussi apprécié est que le drama transmet beaucoup de valeurs sans tomber dans les bons sentiments et chaque épisode donne à réfléchir sur une situation, à notre propre condition ou à des notions comme la peine de mort. Les personnages apprennent des uns des autres et c’est pour cela par exemple que Hye Sung en vient à utiliser les méthodes de Kwang Woo pendant ses procès, et inversement. Comme toute histoire se déroulant dans le domaine de la justice, l’intégralité de I Hear your Voice tourne autour de la notion de vérité, de mensonge et par conséquence autour de celle de la confiance. Faut-il mentir pour protéger un proche ou pour permettre à un innocent de s’en sortir? Comme le dit Soo Ah, la plupart des gens préfèrent négliger la vérité car celle-ci est plus inconfortable que le mensonge, du moins à court terme.

I Hear your Voice nous présente une héroïne consciente de ses défauts et qui en plus de cela les assume. Hye Sung est au départ une avocate qui ne fait pas vraiment attention aux personnes qu’elle doit défendre et qui ne se préoccupe que du salaire qu’elle va percevoir. Elle traite ses cas avec une nonchalance déconcertante mais au contact des personnes qui l’entourent elle va évoluer et trouver la passion qui lui manquait dans sa profession. Ce qui est intéressant est que tout en évoluant et en tombant amoureuse, Hye Sung ne perd pas complètement ses défauts et garde son caractère fort et explosif jusqu’à la fin, ce qui n’est pas très commun pour une héroïne de drama. En réalité Hye Sung est un personnage très complexe, elle est à la fois honnête, égoïste, protectrice et maladroite. J’ai rarement vu une héroïne aussi orgueilleuse et il est indéniable que j’ai énormément aimé Hye Sung, et ce du début à la fin. Sans partager constamment les mêmes opinions qu’elle (surtout au début) j’ai aisément compris sa façon d’être et j’ai trouvé qu’elle représentait bien la femme d’aujourd’hui qui cherche – en quelque sorte – à prouver son indépendance. Je trouve que l’interprétation de Lee Bo Young est vraiment juste et qu’elle a vraiment réussi à cerner le personnage de Hye Sung pour au final la rendre attachante et attendrissante.

Et si Hye Sung évolue autant c’est en grande partie grâce à la présence de Soo Ah dans sa vie. J’étais contente de retrouver Lee Jong Suk après School 2013 et je l’ai doublement été lorsque j’ai appris à connaitre le personnage qu’il incarnait. Oui, ce personnage m’a agréablement surprise car il a surpassé tout ce qu’on pouvait attendre de lui et qu’il est encore plus complexe que Hye Sung. (enfin disons qu’il est beaucoup plus torturé intérieurement). Ce que je trouve incroyable c’est que la télépathie de Soo Ah est amenée dés le début de façon complètement naturelle et je me rends compte que le sujet à été traité avec ce même naturel ce qui n’a pas créé de contraste et de décalage avec le reste du drama qui est relativement rationnel. Je ne sais pas si j’arrive à bien exprimer ce que je veux dire mais disons qu’en comparaison avec un autre personnage de fiction similaire à Soo Ah, le pouvoir de ce dernier ne créait pas un fossé avec le reste car il est traité de façon banale par la seule personne qui est courant de celui-ci. (mettons de côté son parrain ainsi que Joon Gook s’il vous plait). Au final, le côté fantastique s’imbrique dans le drama de façon à ce qu’on l’oublie tout en ayant conscience qu’il est là. C’est d’ailleurs ce pouvoir ainsi que sa cause qui a fait grandir Soo Ah aussi vite et bien malgré lui. Et j’aime le faite que malgré sa gentillesse et son air joyeux il possède un côté sombre et tourmenté qui lui vient de l’enfance. Oui, j’aime Soo Ah, je l’aime parce qu’il est à la fois mature et immature, fort et sensible, intelligent et idiot, et qu’il vit en essayant de ne regretter aucun de ses actes.

J’avais exprimé mes doutes concernant la relation entre Soo Ha et Hye Sung mais je dois admettre ici que mon jugement était complètement faux (une fois n’est pas coutume?). Le duo principal est absolument adorable et génialement écrit. Je trouve leur histoire ainsi que leur confiance indestructible vraiment belles et le couple fonctionne à merveille. Hye Sung s’épanouie au contacte de Soo Ha qui de son côté tient le coup grâce à l’attention de cette première à son égard. Sans s’en rendre compte ils deviennent dépendants l’un de l’autre, à tel point que passer tout leur temps ensemble en devient naturel.

Le reste du casting principal n’est pas en reste et le quatuor est complété par deux personnages que j’ai également appréciés. Nous avons d’abord Cha Kwan Woo, qui à l’inverse de Hye Sung a choisi le métier d’avocat commis d’office non pas pour une question d’argent mais par vocation. Il ne met jamais en doute la parole de ses clients car il croit tout simplement en l’homme. Éternel optimiste, il a ce côté un peu excentrique qui donne de la bonne humeur au scènes dans lesquelles il apparaît. Mais plus encore que le personnage, c’est Yoon Sang Hyun qui m’a le plus surprise. Je l’ai trouvé vraiment bon dans son interprétation, il a réussi à de nombreuses reprises à me toucher et me faire rire. Je n’ai en revanche pas été convaincue par sa romance avec Hye Sung et j’ai largement préféré leurs moments d’amitié. Et c’est heureusement ces derniers qui ont été les plus développés. Comme je l’ai dit précédemment, Hye Sung et Kwan Woo (entre autres) grandissent professionnellement et humainement parlant en apprenant l’un de l’autre et je pense aussi que Hye Sung puise en Kwan Woo la maturité qu’il manque à Soo Ah.

Puis nous avons Seo Do Yeon qui est également une très bonne surprise et je peux même affirmer que j’aime beaucoup ce personnage. Elle est fière, hautaine et un peu psychorigide sur les bords mais elle n’est déjà plus la petite fille qu’elle était dix ans auparavant et on se rend compte que derrière cette assurance se cache des doutes qui seront renforcés par certaines révélations tardives. Do Yeon est très intéressante mais on ne le perçoit pas tout de suite, tout simplement parce qu’on nous la présente de la même façon dont elle est vue par les autres personnages, sans aller plus en profondeur, et elle tient ainsi dans notre esprit la place de la peste. Ce n’est qu’au fil des épisodes que l’on commence à voir au delà de sa carapace, là où ses failles sont cachées. Elle tient à tout pris à gagner mais elle a tout le même un sens de la justice intéressant et ses nouvelles confrontations avec Hye Sung la font tout autant mûrir que cette dernière. Ses certitudes vont être ébranlées et elle va finir par comprendre que la justice ne se définie pas uniquement en terme de lois mais aussi de cœur, et ce cœur va petit à petit s’ouvrir aux autres pour au final la rendre absolument touchante.

Il me faut évidemment aussi parler de Min Joon Gook. Bon nombre de dramas ne présentent pas de « méchants » convaincants ou ayant des motivations assez floues, mais je n’ai ici eu aucun mal à comprendre la terreur que pouvait inspirer Min Joon Gook à Hye Sung et à Soo Ah. Il est machiavélique, dangereux et très intelligent, à tel point qu’il en fait froid dans le dos. Ce sont les personnes intelligentes qu’il faut le plus craindre et j’avais l’impression qu’il allait surgir de n’importe où pour attaquer l’un ou l’autre. Et la magnifique performance de Jung Woong In y est pour beaucoup. Min Joon Gook est l’exemple même de ce que peut devenir un individu qui a tout perdu, qui n’a personne pour croire en lui et qui ainsi ne croit plus en la justice jusqu’à sombrer dans la vengeance et la démence. C’est un personnage qui m’a dans un premier temps effrayée mais qui par la suite m’a beaucoup fait pitié. Comme le dit Soo Ah, sans Hye Sung à ses côtés, il aurait aisément pu tourner ainsi. En fin de compte tout les personnages sont des miroirs des uns des autres et voir les choix de chacun les font se remettre eux même en question. Ce drama montre à quel point nos actes font ce que nous sommes et que la justice n’est pas infaillible.

Pour le coup, j’ai aimé tout les personnages sans exception, hormis l’ancien procureur Seo Dae Seok (le père de Do Yeon pour ne pas spoiler) mais c’est un cas à part dont je parlerai juste après. Tout les antagonistes travaillant au palais de justice ou dans la police par exemple apportent une légèreté qui les rend quasiment indispensables. Même Seo Dae Seok est un personnage utile dans le sens où il sert de personnage moralisateur. Comme le dit Soo Ah, lorsqu’on s’obstine à ne pas avouer ses tords on prend le risque de se retrouver seul. Donc sans aimer le personnage en lui même, j’ai bien aimé la façon dont il a été utilisé. En y pensant, c’est d’ailleurs le seul personnage qui n’évolue pas, il reste statique dans sa bêtise alors que tout les autres grandissent grâce aux épreuves et aux confrontations qu’ils subissent. Et si les personnages, principaux ou secondaires, m’ont plus, les relations entre eux également. Avec en première ligne Soo Ah et Hye Sung mais aussi Hye Sung et sa mère, Kwang Woo et Chae Yoo Chang ou encore Shin Sang Deok et Hwang Dal Jung. Autant de duos humains dont je me souviendrai pendant encore un long moment.

La réalisation quant à elle est agréable et je trouve qu’elle est suffisamment lumineuse pour réduire le côté sombre du drama. Je trouve également que la mise en scène a un côté réfléchi en misant sur des petits détails. Par exemple, à chaque fois qu’une confrontation entre les personnages avait lieu au tribunal, la scène se passait devant la statue allégorique symbolisant la justice. Ce n’est peut être pas très pertinent mais je pense que cela à un sens. Sinon, concernant l’Ost c’est encore une fois la partie instrumentale que j’ai apprécié (on ne se refait pas hein), même si je trouve Every single day sympathique. Je trouve un certain nombre de morceaux à la fois reposants et nostalgiques (peut être est-ce parce que I Hear Your Voice me manque…). Je pense notamment à Return, Echo String et Surtout Echo Arp. D’ailleurs petit blabla à part, l’utilisation du mot Echo dans certains titres me ramène directement à la scène de l’aquarium (Ah, cette fameuse et magnifique scène de l’aquarium). Peut est-ce aussi parce que ça me rappelle un jeu auquel je jouais étant petite et dans lequel il fallait diriger un dauphin qui s’appelait Ecco (inutile comme info n’est-ce pas? J’en aurais presque honte haha).

Donc pour résumer, I Hear Your Voice m’aura aussi bien fait rire que pleurer et il m’aura également fait trépigner d’impatience chaque semaines. Ce drama n’est pas seulement une histoire d’amour ou de vengeance, c’est aussi une histoire de laquelle on peut tirer des leçons et qui peut faire écho en chacun de nous. I Hear Your Voice est pour le moment mon drama favori depuis ce début d’année et je ne vois pas pour l’instant quel drama pourrait le détrôner, tout simplement parce que I Hear Your Voice m’a profondément touchée et que même s’il n’est pas dénué de défauts, sa voix m’a transpercé le cœur de la plus belle façon qu’il soit.

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