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« les fleurs se fanent comme l’amour, seules les lames sont éternelles »

Je me suis toujours demandée ce que serait un été sans un bon sageuk intense ou épique (ou les deux tant qu’à faire) à se mettre sous la dent et j’espère que ce n’est pas encore cette année que j’aurai ma réponse. Je porte beaucoup d’espoir envers Sword and Flower car de un: le projet sur papier m’intéressait, et de deux: après visionnage des deux premiers épisodes (enfin maintenant trois) je me rends compte que le drama a réussi à me rendre curieuse. Tantôt septique, tantôt happée, j’en ressors finalement assez satisfaite. Drama je compte sur toi, tu as plutôt intérêt à ne pas faire n’importe quoi, hein!

Résumé des deux premiers épisodes, et un peu d’histoire

Sword and Flower, ou The Blade and Petal peu importe son nom, se déroule à l’époque du Koguryŏ (ou Goguryeo). Pour situer le contexte historique et géographique il faut savoir que du Ier siècle avant notre ère au VIIème siècle de notre ère, la péninsule Coréenne était principalement divisée en trois royaumes: le Silla et le Paekche au sud, le Koguryŏ au Nord, et que l’on appelle – à juste titre – cette période celle des Trois Royaumes. Le Koguryŏ était de loin celui dont le territoire était le plus étendu mais aussi celui qui était le plus proche de la frontière chinoise. La Chine qui portait à cette époque le nom de Dynastie des Tang et qui désirait avoir le pouvoir sur ses territoires voisins depuis plusieurs siècles décida de pousser l’offensive envers ces derniers. Par la suite les Trois Royaumes ne résistèrent pas aux attaques répétées des Tang, ils chutèrent les uns après les autres et finirent par s’unifier politiquement en 676, (Il faut également noter que le Koguryŏ est tombé à cause de l’alliance du Silla avec les Tang en 668). Mais ne rentrons pas trop dans les détails pour le moment.

Ainsi nous sommes autour de l’an 640, à un peu moins de 30 ans avant la chute du Koguryŏ, sous le règne de Wang Young Ryu, l’avant dernier roi du royaume, et le premier épisode débute par une embuscade impliquant la fille et le fils du monarque: la princesse Moo Young (Kim Ok Bin) et le prince héritier. Après avoir capturé un des agresseurs, le groupe royal rentre au palais mais avant de pouvoir se faire interroger le prisonnier se fait tuer d’un coup de flèche, lancée par un homme à l’allure de voyageur. Il s’agit de Yeon Choong (Uhm Tae Woong).  Pendant ce temps le roi s’entretient avec son conseil, la menace des Tang est imminente et le général Yeon Gaesomun ainsi qu’un certain nombre de conseillers font pression sur le roi pour qu’il prenne la décision de partir en guerre alors que celui-ci préfère réfléchir à une stratégie moins offensive. le général Gaesomun a indéniablement une influence importante au sein du conseil et il essaye également de remplacer le premier ministre actuel afin d’en choisir un autre qui serait dans son camps. On apprend aussi que c’est ce même général qui a organisé l’embuscade dans le but de tuer les enfants du roi et que celui qui a tué le prisonnier n’est autre que son fils illégitime qu’il a toujours renié et qui essaie de se faire reconnaître de son père.

Young Ryu et Gaesomun sont en opposition et leurs opinions divergent mais cela n’empêche évidemment pas leurs enfants respectifs de se rencontrer et ainsi, lors d’une ballade dans les rues de la ville, Yeon Choong et Moo Young se croisent et la curiosité qu’ils éprouvent l’un envers l’autre les fait se recroiser à plusieurs reprises. Yeon Choong connait la véritable identité de Moo Young mais l’inverse n’est pas vrai et lorsque cette dernière l’incite à utiliser ses talents à bon escient en devenant un garde du palais, Yeon Choong décide de passer le teste d’aptitude qu’il réussit pour le plus grand plaisir de la jeune princesse. En attendant, le conseil fait toujours pression sur le roi qui décide de terminer le mur à la frontière du royaume des Tang avant de partir en guerre. « Ce n’est pas les forts qui survivent mais ceux qui survivent qui sont fort« , annonce t-il.

Par la suite, le général Yeon Gaesomun organise avec succès l’assassinat du premier ministre alors qu’en parallèle les deux personnages principaux continuent de se côtoyer, commencent à s’attacher sérieusement (du moins concernant la princesse Moo Yeong) et la façon dont ils se regardent semble être largement significative.

Impressions

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Il est certain que depuis ses débuts Sword and Flower n’a pas reçu un très bon accueil et je trouve ça un peu dommage car le drama nous présente un travail très différent de ce que l’on nous propose habituellement en matière de sageuks, quelque chose d’indéfinissable en somme. Si on se base sur son premier épisode uniquement, le drama peut paraître étrange et c’est tout à fait compréhensible que certains aient été déroutés. Je trouve tout de même que Sword and Flower est intrigant et qu’il possède un côté insolite qui me pousse à le suivre. Je conseil donc de continuer au moins jusqu’au second épisode qui se trouve être meilleur que son prédécesseur et m’a incitée à continuer. Mais il n’empêche que je reste encore sur mes gardes car tout les aspects de la production ne sont pas engageant et il est possible que par la suite tout tourne au vinaigre. Le scénario n’est par moments pas assez explicatif et les personnages se retrouvent d’une situation à une autre sans que ça nous le soit réellement expliqué (comme par exemple la scène du sauvetage en mer). Ce n’est pas spécialement dérangeant pour l’instant mais c’est un élément qui peut par la suite devenir un défaut majeur.

Sword and Flower raconte l’histoire d’un amour impossible qui n’est pas sans rappeler celle de Roméo et Juliette et dans une moindre mesure celle de The Princess’ Man. Tout comme dans ces derniers, nos deux héros vont se retrouver impliqués dans la haine qui lie leurs deux familles, rendant ainsi impossible leur amour. Les deux premiers épisodes de Sword and Flower peuvent être découpés en deux parties bien distinctes aussi bien du point de vue du fond que de la forme. D’une part ces épisodes sont particulièrement axés sur le couple principal, leur rencontre et leur jeu du chat et la souris, tandis que d’autre part nous avons les conflits politiques qui se déroulent au palais. Dans les passages mettant en scène Moo Young et Yeon Choong on remarque qu’ils ne se font quasiment jamais face, ils s’observent l’un l’autre à tour de rôle. Ce sont des scènes vraiment belles et pleines de poésie mais pour les apprécier (tout comme pour le reste du drama) il faut d’abord apprécier la singularité de Sword and Flower (Je ne parle pas bien sûr de la scène connue sur la toile sous le nom de scène Spiderman qui pour le coup a vraiment un côté décalé, même si elle est visuellement très belle). Ceci dit le troisième épisode est moins grandiloquent et l’histoire se met enfin en place mais je n’en parlerai pas ici. Au niveau de l’intrigue politique on nous donne les informations nécessaires pour cerner le contexte dans lequel se trouvent les personnages et savoir qui est dans quel camps ainsi que leurs enjeux, seulement voila, on nous expose la position de chacun sans que grand chose n’avance par la suite et les deux rivaux se contentent principalement de lancer des « Partons en guerre » – « Non je désire la paix », ce qui peut éventuellement devenir lassant à la longue. (Mais encore une fois les choses commencent à bouger dans le troisième épisode).

Les personnages ne sont pour le moment pas encore très bien développés et à ce stade on n’arrive pas vraiment à se faire une idée de qui ils sont réellement, aussi bien les personnages principaux que les personnages secondaires. Il sont tous très mystérieux et ne semblent pas vouloir dévoiler trop rapidement leurs véritables pensées. Nous avons un casting solide à commencer par le duo principal composé de Kim Ok Bin et de Uhm Tae Woong qui jouent les rôles de Moo Young et Yeon Choong. Je trouve ce couple principal adorable; il ne s’adresse pas la parole pendant l’intégralité du premier épisode mais je trouve la façon dont ils se cherchent et se trouvent absolument charmante. Pas de première confrontation brutale comme on a l’habitude d’en voir dans les dramas mais seulement des regards, des sourires, cela rend la romance potentiellement vraie et naturelle. Et même si l’automatique affection de Moo Young pour Yeon Choong me semble quelque peu rapide, j’apprécie le fait qu’elle assume ses sentiments dès le début et qu’elle ne le cache pas.

Je dirais même que j’apprécie tout simplement le personnage de Moo Young, c’est une guerrière qui possède un petit côté fleur bleue. Elle est rationnelle mais elle a aussi le temps d’être une vraie princesse qui piste l’élu de son cœur. C’est pour cela que je suis curieuse de voir comment elle va réagir entre sa relation amoureuse et la vengeance de son père. J’apprécie aussi le fait que malgré son jeune âge et son statut de femme (avouez que les Coréens sont parfois bien misogynes…) Moo Young soit respectée et écoutée au sein du palais. Elle aime sa famille et tente de soutenir son père et son frère du mieux qu’elle peut, de façon totalement instinctive. Contrairement à Moo Young qui a vécu dans l’affection familiale, Yeon Choong n’a pas eu une enfance tranquille. Enfant d’une esclave et d’un père qui ne reconnait pas son existence, il oeuvre pour se faire une place dans ce monde quitte à aller contre ses habitudes et en fin de compte je pense que c’est sa nature insondable qui a attiré l’attention de Moo Young.

Le roi Wang Young Ryu et le général Yeon Gaesomun, respectivement joués par Kim Young Chul et Choi Min Soo, possèdent quand à eux une forte identité et les antagonistes qui gravitent autour d’eux comme par exemple le cousin royal sont également intéressants dans leurs doutes et les raisons de leurs choix. La série m’emmène ou elle veut si tout les personnages continuent à avoir du potentiel. Les « gentils » se montrent intransigeants et les « méchants » sont pour le moment intrigants dans la voie qu’ils ont choisi.

D’un point de vue cinématographique Sword and Flower est irréprochable. Kim Yong Soo arrive à créer un rendu différent de ses travaux précédents mais on perçoit nettement sa patte et je ressens le même émerveillement que lorsque j’étais devant White Christmas. On est loin du visuel épuré de ce dernier mais le talent du réalisateur pour la mise en scène ne l’a pas quitté. Il use encore une fois beaucoup de la plongée ainsi que de la contre plongée, ce qui lui donne un caractère assez avant gardiste. L’espace est également bien exploité et on retrouve l’influence des films d’arts martiaux et des westerns; c’est un curieux mélange je vous l’accorde.

Le drama et notamment le premier épisode ne possède pas beaucoup de dialogues, surtout lors des scènes impliquant le couple principal, ce dernier préférant se regarder dans le blanc des yeux plutôt que d’entamer une conversation. Ce n’est pas un reproche bien au contraire car je perçois cela comme une démarche poétique, mais malheureusement au lieu d’utiliser le silence crée par l’absence de paroles de façon intelligente, l’équipe a préféré le meubler par une bande sonore omniprésente. On passe ainsi d’une musique à une autre sans que celles-ci soient appropriées à la scène (sauf rares exceptions). C’est un des défauts qui m’a le plus énervée, je trouve l’Ost trop éclectique, trop présent, et ça gâche le potentiel de la réalisation. Le second épisode en revanche lambine un peu moins sur la musique et trouve un meilleur équilibre mais pour combien de temps encore?

Le drama arrive à insuffler aux scènes entre Moo Young et Yeon Choong beaucoup de douceur qui contraste avec les scènes traitant l’intrigue politique. Celles-ci sont sombres, les ombres se font menaçantes, et par opposition les moments où le (futur) couple principal apparaît sont lumineux et colorés (c’est alors que les pétales volent et nous voici dans une ambiance de mauvais conte de fées…). C’est également une réalisation qui cultive le suspense en n’hésitant pas à monter des scènes lentes qui semblent défiler au ralenti, qui n’ont qu’un but esthétique et qui ne font pas avancer l’intrigue. Ça peut être frustrant comme captivant. Ce procédé a quand même l’avantage d’insister sur les réactions de chaque protagoniste et pour ma part j’aime beaucoup le fait que la plupart des pensées des personnages soient exprimées à travers l’expression de leur visage plutôt qu’avec leurs paroles. Encore une fois le second épisode est beaucoup plus dosé de ce coté là (cette fois-ci certaines scènes sont même trop vites agencées) comparé au premier avec lequel le réalisateur a voulu nous en mettre trop plein la vue. Bref, je me rends compte que je n’ai pratiquement parlé que de ce qui touche à la réalisation et que je pourrais encore en parler pendant longtemps, mais c’est parce que cette réalisation est ce qui m’a le plus marquée, ce qui est le plus présent dans ce début de drama et que tout le reste se repose sur ce point dominant. L’intrigue est pour le moment à peine esquissée, et les personnages pas entièrement développés.

Verdict

Concernant Sword and Flower tout n’est pas encore joué et je reste sur mes gardes, le premier épisode notamment ne m’avait pas entièrement convaincue à cause de son côté un peu trop excessif par moments et même si la suite est moins grandiloquente nous ne sommes pas à l’abris d’un quelconque dérapage. Heureusement le troisième épisode me conforte dans l’idée qu’on est sur la bonne voie et je reste très intriguée par ce que nous réserve la suite. Ce drama divise les foules et je ne pourrais moi même pas vous le conseiller ou déconseiller car je pense que chacun va l’apprécier et l’appréhender à sa manière. Il faut également noter que l’originalité du drama ne tient pas de son fond mais bien de sa forme. Pour ma part, je me suis probablement trompée d’adresse mais j’ai besoin d’une belle épopée épique et je veux un spectacle grandiose alors s’il vous plait, faites en sorte que Sword and Flower ne se plante pas et soit jusqu’au bout ne serait-ce que satisfaisant.

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