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Année:  2013
 Pays:  Corée du Sud
 Genre:  Historique, Romance, Drame
 Nombre d’épisodes:  24
 Chaîne de diffusion:  SBS
 Réalisateur:  Bu Seong Cheol 부성철  (My Girlfriend is a Gumiho)
 Scénariste:  Choi Jeong Mi 최정미

Casting:
Kim Tae Hee 김태희:  Jang Ok Jeong
 Yoo Ah In 유아인:  Le roi Suk Jong
 Hong Soo Hyun 홍수현:  La reine In Hyeon
 Lee Sang Yeob 이상엽:  Le prince Dong Pyeong
 Jae Hee 재희:  Hyun Chi Soo

Mon Avis:

7/10

Jang Ok Jeong, Live in Love raconte l’histoire de Lady Jang, une célèbre concubine connue pour avoir été une femme fatale qui a séduit et manipulé le 19ème roi de Joseon: Suk Jong. Elle est un des personnages les plus discutés de l’Histoire coréenne et reste encore aujourd’hui très énigmatique. Ce qui m’avait intéressée au départ dans ce projet d’adaptation était l’idée que le scénario était tiré d’un roman de Choi Jung Mi et que cette dernière ne revendiquait en aucun cas son oeuvre comme étant un biopic. Bien au contraire l’auteure a pris la liberté de créer une fiction autour de ce personnage controversé. Au lieu de faire de Lady Jang une manipulatrice qui cherche à tout pris de devenir reine, elle en a fait une femme réellement amoureuse de son roi qui décide de franchir tous les obstacles afin de vivre aux côtés de celui qu’elle aime, et ceci au risque de commettre des actes quelque peu répréhensibles. En insérant des éléments plus modernes comme le contexte de la mode, Jang Ok Jeong, Live in Love m’apparaissait très intrigant et attrayant, alors qu’est-ce qui n’a finalement pas fonctionné dans ce drama?

Il m’est assez difficile d’écrire sur Jang Ok Jeong, Live in Love car j’ai adoré le début du drama avant que celui-ci n’ait été gâché par la tournure dont prennent ensuite les événements. Ainsi, les 10 premiers épisodes sont absolument géniaux et leurs défauts sont masqués par la romance adorable, l’histoire prenante et l’atmosphère envoûtante du drama, tandis que les 14 suivant nous servent du drame, les confrontations et encore du drame sans modération pour au final perdent complètement leur originalité. Il y a donc un problème d’inconstance dans le scénario que la force des personnages n’a pas réussi à contrebalancer. L’histoire devient inutilement lourde et nous sert beaucoup de redondances et de longueurs. En bref le drama a perdu à la longue son équilibre, et ce à cause d’un changement de scénariste en cours de route.

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En réalité, Jang Ok Jeong, Live in Love est très fatiguant car passés les 10 premiers épisodes le drama a perdu sa légèreté qui le rendait si sympathique. Ce n’est plus que conflits sur conflits et coups bas sur coups bas. Les rivales se disputent la place de reine mais il y a également les membres des famille qui portent leur dévolu sur l’une ou l’autre les candidates ce qui donne un joyeux champs de bataille. Le drama n’est pas arrivé à doser tous ces règlements de comptes et il est même allé à en faire une overdose. Un des grands changements en défaveur de Jang Ok Jeong, Live in Love est l’abandon à partir de la seconde moitié de tout ce qui avait attrait aux vêtements, à leur confection ainsi qu’à leur signification dans la société de l’époque. Je trouvais cette particularité bien exploitée et elle donnait à la réalisation de la matière pour être particulièrement inventive et esthétique; celle-ci étant devenue monotone à partir du 11ème épisode . J’ai retrouvé ce que j’avais commencé à écrire en prévention d’un bilan de mi-parcours lorsque j’en étais encore au 10ème épisode, et ça donne ça:

"Ah, Jang Ok Jeong, merci de répondre à mes envies furieuses de 
Sageuk que personne ces temps-ci n’a réussi à assouvir. 
Cela fait plusieurs semaines que je n'ai regardé aucun épisode, mais
c’est pour faire en sorte que les retrouvailles soient encore plus 
intenses. Jang Ok Jeong, Live In Love est le genre de drama 
qui continue d'être meilleur d’un épisode à l’autre, ce qui le rend 
hautement addictif."

Bien sûr beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis mais c’est ce genre de notes qui me rappellent à quel point Jang Ok Jeong, Live in Love a pu être génial. Je ne comprends pas pourquoi les producteurs ont par la suite décidé de retomber dans le classique alors qu’il y avait encore tant à exploiter avec les idées qu’ils avaient déjà diffusées. Le drama n’est pas devenu mauvais au point que j’arrête de le regarder mais la chute fût rude.

Mais à côté de ça Jang Ok Jeong, Live in Love raconte avant tout l’histoire D’Ok Jeong, une femme non pas comme l’Histoire avec un grand H la décrit, mais une femme souhaitant bousculer les codes de la hiérarchie et caractérisée par une dualité passionnante. Kim Tae Hee n’a pas eu un jeux parfait, il est difficile d’interpréter une femme de cette envergure, mais elle a fait preuve d’assez d’intensité pour en faire un personnage marquant que je n’oublierai pas de sitôt. A l’image de la série, Ok Jeong est un personnage que j’ai autant aimé que désapprouvé. Elle n’est pas comme les héroïnes que l’on a l’habitude de voir, elle désire par dessus tout vivre auprès du roi et elle est prête à tout pour atteindre son but. En bref elle ne se laisse pas marcher sur les pieds au risque de commettre des actes immoraux. C’est avec ce côté du personnage que j’ai eu un bocage, car même s’il est vrai que la singularité de l’héroïne est salutaire, j’ai du mal avec les personnages cruels qui rendent de cette manière ce qu’on leur inflige (il est vrai cependant qu’il n’y avait pas beaucoup d’autres solutions à cette époque).

Il m’a fallut beaucoup de temps pour m’habituer à la façon de faire d’Ok Jeong lorsqu’elle arrive au palais, ses décisions ne sont pas des plus innocentes et elle est très calculatrice. Mais c’est surtout le fait qu’elle n’assume parfois pas ses actes qui m’agaçait. A mes yeux ses raisons sont compréhensibles (elle veut protéger son amant et son fils), sa façon de faire un peu moins. Mais malgré ça, et comme je l’ai déjà dit précédemment, elle est un personnage fascinant qui évolue tout en restant elle même. Heureusement, au moment ou je ne pouvais plus moralement supporter ce que faisait Ok Jeong, une de ses réactions est venue tout remettre en doute. Il s’agit du moment ou elle force une servante du palais à prendre un breuvage qui l’empêchera de pouvoir tomber enceinte avant de finir par renoncer lorsqu’elle se rappelle le moment où on lui avait infligé la même chose. C’est dans ces rares moments qu’on se rappelle qu’elle est humaine et possède un minimum de morale. Lorsqu’elle se retrouve face a la cruauté et la reine mère ou de Choi Sook Bin qui s’était promis de devenir comme elle, Ok Jang prend conscience de la personne qu’elle est devenue et des erreurs qu’elle a pu commettre. Avec les années elle devient plus réfléchie.

Car ce qui motive Ok Jeong c’est uniquement l’amour et rien d’autre, un amour nourrit par une phrase prononcée par le roi, « Je ne lâcherai jamais ta main ». Suk Jong est homme qui se veut juste et sa plus grande faiblesse est justement Ok Jeong qu’il a rencontré lorsqu’ils étaient enfant et à qui il avait promis un futur loin de la précarité. C’est un personnage très mystérieux qui est tiraillé entre son devoir de monarque et son affection pour Ok Jeong. Il lui apparaît très vite que ces deux points sont loin d’être compatibles et Yoo Ah In s’est petit à petit approprié le rôle pour au final lui donner beaucoup de profondeur et de gravité. Une des choses que je ne peux pas nier est l’alchimie entre lui et Kim Tae Hee, il ressort toujours de leurs scènes un sentiment intense.

J’ai énormément aimé la reine In Hyeon, la principale rivale de Ok Jeong, sans doute même plus que cette dernière. Elle n’hésite pas elle aussi à faire des coups bas et son but est moins louable puisqu’elle cherche à monter sur le trône et non pas à gagner le cœur du roi, mais elle a une réserve et une rationalité qui me l’a presque immédiatement rendue digne d’intérêt. C’est également un personnage tragique, comme la plupart des protagonistes féminins d’ailleurs, et malgré le fait qu’elle ait la faveur du peuple ainsi que des Yangbans (nobles de l’époque), elle ne tiendra jusqu’à la fin que la seconde place. Malgré toutes ses stratégies je pense que c’est une femme profondément gentille et le fait de ne pas pouvoir avoir d’enfants la rend particulièrement envieuse et vulnérable. Au final c’est le sort qui fait devenir In Hyeon et Ok Jeong ennemies et si elles ne s’étaient pas rencontrées dans ce contexte elles auraient aisément pu devenir amies. Ces deux femmes peuvent facilement être comparées et on remarque qu’elles ont jusqu’à un certain point du respect l’une pour l’autre. Hong Soo Hyun a, comme à son habitude, fourni une interprétation correcte, elle a une certaine habilité à jouer ce genre de rôle.

Je n’ai pas grand chose à dire sur les autres personnages, ils ont pratiquement tous une place utile dans l’intrigue comme l’oncle d’Ok Jeong (j’ai d’ailleurs apprécié le parallèle fait entre sa fille et sa nièce) ou la grand mère du roi, mais je risquerais de n’embrouiller plus qu’autre chose à essayer de tirer le portrait de chacun. Je trouve seulement que le personnage du Prince Dong Pyeong n’a pas été complètement exploité (même si j’ai beaucoup aimé sa relation avec le Suk Jong) et que Chi Soo est définitivement un personnage inutile. Ah, et est-il utile de dire que j’ai profondément détesté Choi Sook Bin?

Mais je n’ai pas envie de terminer sur une note négative et il faut également que je parle des costumes. Je les ai trouvés particulièrement beaux, dans des tons tantôt vifs, tantôt pastels, ce qui est peu habituel et donne une atmosphère très douce et confortable au drama. Les hanboks ont plutôt tendance à présenter des couleurs flamboyantes et ces couleurs plus pâles donnent une réelle identité visuelle (du moins dans sa première moitié…). L’Ost instrumental est aussi très agréable bien que facilement oubliable.

Donc malgré le changement de direction que prend Jang Ok Jeong, Live in Love passé un certain nombre d’épisodes je n’en ai pas moins apprécié le visionnage mais ce jusqu’à un certain point. Je ne peux pas entièrement descendre ce drama car il possèdes des qualités qui certes sont gâchées par un revirement plus traditionnel mais qui sont tout de même non négligeables. Je pense notamment à la présence d’une héroïne atypique et passionnée ainsi que celle d’un panel d’autres femmes qui, misent au premier plan, prouvent que nous sommes loin d’être le sexe faible.

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