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Oui mes amis, j’ai enfin commencé Heartless City, pour le meilleur et pour le pire. A vrai dire je me suis faite spoiler je me suis spoilée toute seule sur les quatre premiers épisodes et j’ai donc décidé de me lancer sans plus tarder avant de commettre d’autres erreurs (oui parce que je ne me suis pas spoilée qu’une seule fois…). D’ailleurs si vous n’avez pas commencé le drama mais que vous comptez le faire dans un futur plus ou moins proche, je vous déconseille de lire ce qui suit.

Résumé rapide des six premiers épisodes, gros spoiler alert évidemment

Jung Shi Hyun et Ji Hyun Min sont deux hommes que tout oppose. Le premier est un gangster baignant dans le milieu de la drogue tandis que le second est un policier qui vient de décider de reprendre du service. Hyun Min est alors placé à la tête d’une unité spéciale ayant pour but d’attraper Scale, un mafieux qui tiendrait un rôle prédominant dans les trafiques de drogue qui se multiplient dans la ville. C’est alors que rentre en scène Shi Hyun, surnommé aussi Baksa Adeul (le Fils du Docteur), qui décide de monter un coup d’état contre Scale, qu’il servait jusqu’à présent, afin de mettre la main sur la drogue. S’interposant ainsi dans l’affaire de Hyun Min et de son unité, Shi Hyun devient le nouvel homme à abattre.

Afin de localiser leur cible, Hyun Min décide alors de laisser Lee Kyung Mi, qui n’est autre que sa future femme, s’infiltrer parmi les trafiquants. Mais au moment où elle met la main sur le fameux Baksa Adeul et découvre qu’il est un de ses amis d’enfance, la jeune policière se fait descendre par un sniper et Shi Hyun n’a pas d’autre choix que de prendre la fuite. Fou de douleur, Hyun Min ne pense qu’à sa vengeance et se jure de détruire Baksa Adeul, mais le chef d’unité n’est pas le seul à chercher réparation. Yoon Soo Min, une jeune femme qui a grandi dans le même orphelinat que Kyung Mi et qui la considérait comme sa sœur lui demande de la laisser prendre la relève de cette dernière en devenant un agent infiltré. Hyun Min accepte et entre temps nous apprenons que Shi Hyun, celui qui est devenu l’ennemi numéro un, est en réalité lui même un agent de police infiltré sous les ordres du chef Min Hong Ki, et ce depuis huit ans.

Mais peu importe la vérité, le plan de Hyun Min est en marche et il ne tarde pas à infiltrer Soo Min en prison afin que celle-ci se rapproche de Lee Jin Sook, une amie proche de Baksa Adeul. Après lui avoir sauvé la vie et l’avoir aidée à retrouver sa liberté, Soo Min est prise sous l’aile de Jin Sook qui l’aide à son tour à sortir de prison. Malheureusement il se cache derrière la mort de Kyung Mi des choses bien moins évidentes et Hyun Min apprend ainsi que la jeune policière a été tuée par une personne de son propre camp, elle même menacée par un gangster connu sous le nom de Safari. (Ça va, pas trop mal au crâne?)

  Impressions

🌑🌑🌑🌑🌕

C’est indéniable, Heartless City présente un très bon début et je suis contente d’avoir pris mon temps avant de commencer ce drama car je pense que ça aurait été dur de regarder ces six épisodes étalés sur une période de trois semaines. On nous lance dés les premières secondes dans l’action et on comprend très vite dans quel monde Heartless City veut nous emmener. Un monde où chacun tente de survivre, de se faire une place de choix et d’atteindre son but par n’importe quel moyen. Trafiquants, drogués et forces spéciales cohabitent dangereusement dans cette ville menaçante, certains cherchent la justice, d’autres un statut de leader ou encore la vengeance, et les confrontations qui en résultent sont fatales. Chacun agit suivant des intérêts qui lui sont propres et certaines motivations ne sont pour le moment pas encore claires. Pour faire court, Heartless City est un polar sombre qui assume totalement son rôle. La tension et la violence sont telles qu’elles mettent les spectateurs sous pression jusqu’à la dernière seconde. A ce jour 12 épisodes sont sortis et je comprends l’engouement général, le scénariste de Heartless City n’est pas allé pêcher dans la nouveauté mais il fait les choses bien. Le scénario est tellement dense qu’il ne nous donne aucun répit et j’apprécie spécialement le fait qu’aucune information ne nous soit donnée facilement.

Au bout de 6 épisodes nous venons à peine de quitter ce que je considère comme la phase d’introduction. Elle est assez longue ce qui n’est pas plus mal car cela a laissé le temps de montrer que les personnages que l’on croyait blancs ne le sont pas totalement et inversement. Ce côté de l’histoire me fait d’ailleurs fortement penser au twdrama Black and White qui porte pour le coup très bien son nom. Dans Heartless City donc, deux camps s’affrontent mais il existe aussi des conflits au sein même des alliances et ces conflits intérieurs sont tout aussi importants, voir même supérieurs. De plus, la constitution de ces deux camps est à ce stade encore très incertaine car chaque protagoniste possède une part secrète. Une des règles qu’il faut suivre dans le monde qui est dépeint ici est de ne faire confiance à personne, même pas à soi-même. Je trouve très intéressant de voir à quel point les apparences peuvent être trompeuses et comment des personnages comme Safari ont pu changer en une intervalle de 15 ans. Des agents infiltrés parmi les dealers, des taupes dans la police, des policiers amis avec des gangsters, toute logique est renversée et on peut pour le moment difficilement percevoir un dénouement heureux.

Heartless City marque le retour de Jung Kyung Ho après ses deux ans de service militaire et à l’instar de Kim Nam Gil (Shark) je suis très contente de son choix pour sa reprise en activité. Ce n’est pas systématique chez moi de m’impliquer autant dans dans le parcours d’un personnage et pour le coup mes sentiments sont en complète communion avec ceux de Shi Hyun. Lorsqu’il semble heureux (c’est rare), je le suis aussi et lorsqu’il pleure, je pleure. En fait ce personnage me fait beaucoup de mal parce que malgré son attachement envers certaines personnes, il est quelqu’un de seul depuis son enfance. J’ai tendance à beaucoup aimer les anti-héros et Shi Hyun (qui n’en est qu’à moitié un) m’a beaucoup touchée dans sa dualité ainsi que dans son histoire passée. Malgré la froideur et la cruauté de Baksa Adeul ( fils du Docteur/Shi Hyun), malgré le peu de scrupules qu’il a à user de la violence, j’ai dés le début souhaité qu’il atteigne ses objectifs, et même en ne sachant pas où est-ce qu’il nous menait, j’avais décidé de le suivre jusqu’en enfer s’il le fallait. Plus sérieusement, le personnage de Shi Hyun est tout simplement fascinant et on comprend au fur et à mesure la douleur et la solitude qui l’habitent.

Jung Kyung Ho a tellement de présence qu’il crève l’écran. Il y a peu d’acteurs qui peuvent avoir raison de moi comme ça mais Jung Kyung Ho en fait partie et ce depuis Time Between Dog and Wolf (ayant vu Sorry, I Love You après). Même s’il a grandi en tant qu’orphelin le scénariste n’en profite pas pour rajouter du tragique au personnage de Shi Hyun. On voit bien lors des flash-backs que Jin Sook joue pour lui le rôle d’une mère tandis que dans une moindre mesure Safari ainsi que le chef Min Hong Ki ont un rôle de figure paternelle, lui donnant ainsi un certain équilibre. Et même s’il affirme vouloir prendre sa revanche sur le monde ce n’est en aucun cas à cause d’un manque d’amour, il veut seulement bousculer ce monde peu reluisant. Il est difficile de comprendre ses motivations et de tout les personnages c’est lui le plus intéressant car il ne cesse de nous montrer des facettes complètement différentes et contradictoires de sa personnalité.

A l’inverse, je ne suis pas plus que ça emballée par Hyun Min et par sa quête de vengeance (on ne touche pas Baksa Adeul!). Lee Jae Yoon n’est vraiment pas mauvais mais c’est bien son personnage qui me bloque et en réalité Hyun Min me fait bien plus peur que Shi Hyun dans ses excès. Ce dernier possède un certain sang froid et un grand sens de la réflexion tandis que Hyun Min est au contraire horriblement impulsif et excessif. La mort de celle qu’il aimait et la vengeance qu’il cherche à accomplir nous montre à quel point il peut foncer tête baissée sans réfléchir aux conséquences. Il n’hésite pas par exemple à tirer sur une de ses collègues ou à envoyer une personne sans compétences en tant qu’agent infiltré.  Hyun Min ne pense qu’à lui et je remets grandement en doute sa place au sein de la police. Ceci dit je le déteste nullement, c’est un personnage torturé qui a perdu deux de ses proches à cause de la drogue (sont frère ayant eu des soucis avec également) et il cherche à tout prix réparation. Ce n’est plus avec sa tête qu’il réfléchit mais avec son cœur. Mais tout de même, je n’approuve aucune de ses décisions et pour la suite je préférerais qu’il revienne à la raison plutôt que le voir s’enfoncer de plus en plus dans les méandres de l’interdit et de l’immoralité.

J’ai également un peu de mal avec le personnage de Soo Min qui est en soi assez intéressant mais ce n’est pas une nouvelle, nous avons ici une erreur de casting et même si l’interprétation de Nam Gyu Ri n’est pas catastrophique il est dur de s’attacher à un personnage lorsque la performance de l’acteur n’est pas satisfaisante. Au final, Soo Min a pour le moment un rôle assez réduit et elle n’apparaît pas beaucoup à l’écran lors des quatre premiers épisodes mais je suis satisfaite de la tournure dont prennent ensuite les choses la concernant. Sa réussite à l’examen de police et sa volonté de venger elle même sa sœur ne m’avaient au départ pas trop plu mais son initiation en prison et son rapprochement avec Jin Sook me plaisent assez car ils créent un parallèle avec les débuts de Shi Hyun en tant qu’agent infiltré. Elle n’est pas aussi passive que ce que je m’imaginais et sa relation avec Hyun Min est intrigante. Je regrette d’autant plus le choix d’actrice que je suis persuadée de louper certains enjeux que représente le personnage. Par conséquent la romance ne m’enchante pas plus que ça et c’est bien dommage car je sais qu’elle est nécessaire à la suite du parcours que va effectuer Shi Hyun.

Je suis en revanche complètement enchantée par Jin Sook alias Imo – la « tante » de Shi Hyun. Elle est le genre de personnage qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et qui a plus d’un tour dans son sac, mais qui possède aussi un côté vulnérable qui la rend touchante. Elle fait assurément partie d’un milieu condamnable et peu recommandable mais je ne peux pas m’empêcher de lui souhaiter tout le bien du monde. Jin Sook est tout simplement classe et elle rivalise presque dans mon cœur avec Baksa Adeul, c’est pour dire. J’aime d’ailleurs la relation qu’elle entretient avec ce dernier.  Après la mort de la mère de Shi Hyun c’est elle qui s’est occupée de lui et on sent de façon indéniable la force de leur relation. Dans cette lignée, la relation que partage Shi Hyun avec Hyun Soo est également sincère et on découvre qu’au delà de son double jeu il tient réellement à lui. La scène où Hyun soo se fait poignarder et manque de mourir en est une preuve. A ce stade là la bromance m’intéresse tellement plus que la romance. On remarque aussi qu’il y a énormément de personnages dans Heartless City, ce qui rend le drama vivant et complexe, très complexe.

Je tire également mon chapeau au réalisateur, on retrouve dans la réalisation certains codes du film noir classique comme des jeux d’ombre et de lumière ou ou grand nombre de de scènes se déroulant de nuit. Les plans sont efficaces et alternent de façon équilibrée entre vues d’ensemble et vues rapprochées, et j’ai trouvé quelques mouvements de caméra très intéressants et peu habituels. Je dirais même que l’ambiance visuelle se rapproche énormément de celle des thrillers coréens comme I Saw the Devil (악마를 보았다), Old Boy (올드보이) ou encore A Bittersweet Life (달콤한 인생). Il y a cependant quelque chose que je trouve très frustrant, les lames de couteaux sont floutées (oui, floutées!). Ce doit être une histoire de censure, j’entends bien, mais pourquoi les armes à feu aurait-elles le doit d’apparaître à l’écran tandis que les armes blanches non? Quoi qu’il en soit, je trouve dommage de flouter un travail de réalisation car c’est une forme d’art parmi tant d’autres qui se doit d’être respectée, d’autant plus que la présence des couteaux est omniprésente dans Heartless City, ce qui rend la chose absolument pas discrète. En réalité ça donne plutôt l’impression que les personnages se font tuer à coup de morceaux de verre poli, haha. (Enfin après tout, Quentin Dupieux a bien mis en scène un pneu tueur…). L’OST est lui aussi satisfaisant, bien que pas toujours bien placé, mais ce n’est outre mesure pas très dérangeant.

Verdict

Au final, il y a beaucoup de potentiel et Heartless City bénéficie d’une narration rythmée, mais je souhaite juste que la série ne s’égare pas. Je suis plus que conquise par le personnage de Shi Hyun qui, il ne faut pas se le cacher, est le personnage central de l’histoire en raison de sa complexité et de son rôle dans l’intrigue. Il est assurément le personnage le plus complet et le plus intéressant de ce début de drama, mais je sais que les autres protagonistes et antagonistes ont encore un rôle à jouer. J’espère simplement que le rythme ne va pas s’essouffler et que la scénariste ne va pas chercher à en faire trop car elle a déjà suffisamment de matière pour nous perdre. La densité des intrigues et le fait que Heartless City ne sois pas investi qu’à moitié dans le registre noir, au risque d’un faire trop, est une grande force. Pour le moment c’est sur une bonne voie, les épisodes passent à une vitesse folle, la série est mature et le tout et assez solide pour passe outre les petites faiblesses. Si ça continue sur cette lancée, l’univers de la fiction coréenne ne pourra plus se passer des chaînes câblées (ici JTBC)… que dis-je, c’est déjà le cas et je plussoie.

Parce qu’on n’a jamais assez de Jung Kyung-Ho…

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